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Bilan Sécurité Routière 2025 : Une année noire qui impose un changement de cap

L’année 2025 se clôt sur un constat alarmant pour la sécurité routière en France métropolitaine. Avec 3 513 décès enregistrés, la mortalité repart à la hausse, marquant une nette augmentation par rapport à l’année précédente. Ce bilan lourd met en lumière l’émergence de nouveaux fléaux et interroge l’efficacité d’une stratégie de sécurité routière qui semble avoir atteint ses limites.

Nouvelles mobilités : le lourd tribut des usagers de trottinettes

Le fait marquant de ce bilan 2025 est l’explosion de la mortalité chez les usagers de trottinettes électriques. 80 personnes ont perdu la vie cette année, soit une hausse brutale de 35 décès en seulement douze mois.

Face à cette augmentation de 58 % des accidents en un an, les comportements à risque sont pointés du doigt : circulation sur les trottoirs, non-respect des feux tricolores, vitesse excessive ou encore usage du téléphone et d’écouteurs. L’absence d’identification claire de ces engins favorise un sentiment d’impunité qui complique toute action de contrôle. À l’image de l’Espagne, qui impose désormais l’immatriculation de ces engins pour responsabiliser les conducteurs, la question de l’identification devient centrale pour apaiser la cohabitation dans l’espace public. À Nîmes, certaines zones urbaines sont d’ailleurs déjà interdites à la circulation de ces engins.

Le protoxyde d’azote : conduire « aveugle »

L’année 2025 a également vu l’émergence massive d’un nouveau fléau : le protoxyde d’azote. Les cartouches vides qui jonchent désormais les bords de routes et les trottoirs témoignent d’une pratique devenue hors de contrôle. Bien que ce produit ne soit pas encore classé comme stupéfiant, son usage au volant est dramatique.

Les experts sont formels : « conduire sous protoxyde, c’est conduire aveugle ». Sa présence croissante dans les collisions graves cette année constitue un signal d’alerte majeur, imposant une réaction immédiate pour protéger les jeunes conducteurs ainsi que les victimes collatérales de ces comportements.

Sortir de la politique du « tout-radar »

Si les deux-roues motorisés enregistrent une légère baisse de leur mortalité avec 691 tués (soit 29 de moins qu’en 2024), les automobilistes restent les principaux concernés par les accidents mortels. Malgré un nombre de dispositifs de contrôle automatisé toujours plus élevé, la courbe des décès ne recule plus, ce qui suggère l’échec d’une stratégie uniquement fondée sur la répression par les radars.

Pour inverser la tendance en 2026, il devient nécessaire de changer de cap en s’attaquant aux véritables causes de l’accidentalité :

  • Renforcer les contrôles humains ciblant les comportements réellement dangereux comme l’alcool, les drogues et le protoxyde d’azote.
  • Améliorer la lisibilité des règles, à l’image du retour aux 90 km/h dans l’Eure, pour assurer une meilleure compréhension et acceptation des limitations par les usagers.
  • Miser sur une prévention ambitieuse plutôt que sur la seule sanction financière.

Ce bilan 2025 rappelle que nous sommes tous concernés par la sécurité routière. Que nous soyons piétons, cyclistes ou conducteurs, la prise de conscience de nos erreurs respectives est le premier pas vers une route plus sûre.

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