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Pénurie d’examinateur en 2026 : 1 200 inspecteurs face à 1,8 million d'examens, l'équation impossible

Le système français du permis de conduire traverse une crise de saturation sans précédent en ce début d'année 2026. Les chiffres définitifs de l'année 2025 révèlent un déséquilibre profond entre les moyens humains et la demande croissante des usagers. Avec un effectif stagnant autour de 1 200 inspecteurs, le service public a dû faire face à un volume de 1,8 million d'examens pratiqués, un flux qui dépasse les capacités d'accueil raisonnables et engendre des délais de passage critiques sur l'ensemble du territoire.

 

Un déficit structurel accentué par la réforme des 17 ans

Ce blocage s'explique par une distorsion majeure entre l'offre et le besoin réel. Si l'État a réussi à ouvrir 1,56 million de places d'examens l'an dernier, les besoins effectifs pour absorber l'intégralité des candidats sans attente étaient évalués à 2,19 millions de sessions. Ce déficit de plus de 600 000 places est la conséquence directe de la réforme du 1er janvier 2024, qui a abaissé l'âge d'obtention du permis à 17 ans, créant un afflux massif et soudain de nouveaux candidats sur un système déjà sous tension.

 

L'allongement des délais, qui s'établit à une médiane nationale de 81 jours, a un impact financier direct et lourd pour les candidats. Pour ne pas perdre leurs réflexes et leur niveau technique durant ces trois mois d'attente, les élèves sont contraints de financer des leçons de conduite supplémentaires non prévues initialement. Ce maintien de niveau tire mécaniquement le coût moyen du permis vers le haut, lequel est désormais estimé à environ 1 200 € par candidat, rendant l'accessibilité à la mobilité de plus en plus difficile pour les budgets les plus modestes.

 

Des moyens de renfort jugés déconnectés de l'urgence

Face à cette situation, les mesures de renfort annoncées pour 2026 paraissent décalées par rapport à la réalité du terrain. Le recrutement prévu de 10 nouveaux inspecteurs nets pour l'année en cours est jugé dérisoire par les organisations syndicales, comme le SNICA-FO, qui réclamaient dès janvier 2026 la création de 170 postes supplémentaires pour stabiliser les effectifs et compenser les départs à la retraite. Le "bonus" de 80 000 places d'examens injecté dans le système ne représente que 4 % du volume annuel, une réponse qui ne traite pas le problème structurel du manque d'examinateurs.

Cette saturation administrative finit par favoriser des comportements à risque et une exclusion sociale marquée. Avec un taux de réussite national de 58,2 %, chaque échec aggrave l'engorgement du système. Le sentiment d'impasse est tel qu'on dénombre aujourd'hui 800 000 conducteurs circulant sans permis, un chiffre en hausse de 60 % sur les dix dernières années. Pour beaucoup, notamment en zone rurale, l'absence de titre de conduite est un frein immédiat à l'emploi, poussant certains usagers vers l'illégalité pour maintenir leur activité professionnelle.

Publié le 18/02/2026

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