On s’était presque habitué à ce silence radio : un excès de vitesse, aucun signal, et un avis de contravention qui surgit dans la boîte aux lettres comme une mauvaise surprise quelques jours plus tard. Cette discrétion, propre aux radars infrarouges, pourrait bientôt appartenir au passé car l’État teste actuellement le retour d’un signal lumineux visible au moment de l’infraction. Ce changement de cap majeur, piloté par le Département du contrôle automatisé (DCA), vise avant tout à rétablir une communication immédiate entre la machine et l'automobiliste.
Un dispositif pédagogique pour avertir les conducteurs en temps réel
L'objectif de cette expérimentation est de redonner au flash son rôle historique de rappel à l’ordre. Contrairement aux radars tourelles classiques qui opèrent dans l’ombre de l’infrarouge, ce système informe le conducteur sur-le-champ qu'une erreur vient d'être commise. Cette prise de conscience instantanée est essentielle : elle permet au conducteur de lier l'infraction au contexte précis de sa conduite (trafic, signalisation, moment de la journée), plutôt que de découvrir une faute oubliée plusieurs jours après les faits. Il est important de préciser que ce retour à la lumière ne modifie en rien les seuils de vitesse ni les règles de sanction, l'idée étant de rendre le contrôle plus transparent.
Expérimentation des radars tourelles et urbains dans le Gard et les Yvelines
Le projet est actuellement concentré sur deux zones témoins, le Gard et les Yvelines, où les radars tourelles et urbains ont été modifiés pour émettre cet éclair. Dans le Gard, les tests ont débuté dès le 5 janvier sur plusieurs axes clés, tandis que les Yvelines ont rejoint le dispositif à la mi-janvier avec des appareils contrôlant également les franchissements de feux rouges. Ces phases pilotes permettront aux autorités d'analyser l'impact réel de ce signal sur le comportement des usagers et de vérifier si l'annonce visuelle de la sanction incite à une conduite plus apaisée.
Ce que cela change concrètement pour votre conduite
Pour tous ces dispositifs, les préfectures insistent sur un point essentiel : le retour de la lumière ne change ni la précision des contrôles, ni les règles de sanction. Les vitesses de déclenchement restent les mêmes et les tolérances techniques sont inchangées. Autrement dit, ce n’est pas un durcissement du système, mais une modification de la manière dont l’infraction est signalée. Notez également que, comme avec les anciens radars, certains flashs ne débouchent pas forcément sur une contravention, notamment lors des phases de tests ou de vérifications techniques.
Vers une généralisation du flash visible sur l'ensemble du territoire ?
Cette évolution semble d'ailleurs répondre à une certaine attente puisque, selon une enquête citée par la préfecture des Yvelines, près de la moitié des Français préféreraient un flash visible. Pour ces conducteurs, le signal lumineux est perçu comme un repère clair qui permet d'ajuster sa vitesse immédiatement plutôt que de subir une sanction "aveugle". Dans les mois à venir, une série de tests doit se poursuivre sur un large parc de radars avant que la Direction de la Sécurité routière ne décide d’un éventuel déploiement plus large sur le territoire.
Publié le 06/02/2026